Service avant le statut : un leadership au service de la mission, pas de l’ego
- Olivier Lazar

- il y a 18 heures
- 3 min de lecture

À mesure que cette série s’est développée et que nous avons commencé à explorer ensemble les valeurs du leadership éthique — jusqu’ici la Congruence, la Responsabilité courageuse et l’Humilité transformationnelle — une chose ressort de plus en plus clairement de vos commentaires et réflexions : le leadership rejoint véritablement l’éthique lorsqu’il cesse d’être centré sur le leader (ou « unleader » — oui, j’invente aussi des mots). La conversation nous ramène constamment à l’intention, à l’intégrité et à l’engagement envers quelque chose de plus grand que soi.
Cela nous conduit à la valeur suivante de notre exploration du leadership éthique : le Service avant le statut.
J’ai toujours pensé que la véritable mesure d’un leader n’était pas l’espace qu’il occupe — et certains en occupent beaucoup ; j’ai parfois moi-même cette tendance — mais l’espace qu’il crée pour permettre aux autres de grandir, d’apprendre et d’assumer leurs responsabilités. Le leadership ne se nourrit pas de prestige ou de reconnaissance, mais de sens et d’intention.
Lorsque les dirigeants se concentrent sur le statut, tout devient fragile. Les personnes commencent à protéger leur image plutôt que l’organisation, qui finit par tourner davantage autour d’elles que de sa mission. Les décisions servent à préserver une position plutôt qu’à faire avancer la raison d’être. Les équipes deviennent prudentes plutôt que courageuses, et l’organisation commence à graviter autour de la hiérarchie plutôt que de la contribution.
Mais lorsque les dirigeants choisissent le service plutôt que le statut, lorsqu’ils placent le « Pourquoi » — comme le dirait Simon Sinek — au-dessus du « Qui », quelque chose change. Le travail et la culture sont guidés par la raison d’être plutôt que par les agendas individuels. Les personnes commencent à faire confiance à l’intention qui sous-tend les décisions, même lorsqu’elles ne sont pas d’accord, et elles acceptent plus volontiers de s’engager dans le chemin proposé. C’est, au fond, la différence entre embarquer pour une croisière et être enchaîné aux rames d’une galère romaine : l’un crée de la légitimité, l’autre ne fait que l’exiger.
Cette valeur invite aussi à une question très personnelle, que je continue de me poser : est-ce que je veux être le leader qui brille — et oui, je suis un rouge-rouge — ou celui qui aide les autres à grandir et à se développer au-delà de leur rôle et de leur titre ?
La réponse à cette question façonne tout : nos comportements, nos décisions, nos alliances et notre culture. C’est aussi un défi personnel : sortir de sa zone de confort, orienter davantage que diriger, influencer davantage que dicter, enseigner davantage que démontrer.
Le Service avant le statut n’est pas un sacrifice de soi. C’est choisir la contribution plutôt que l’ego, la responsabilité de gardien plutôt que le sentiment de propriété, et la mission plutôt que la vanité. Et c’est, très clairement, une expérience d’apprentissage.
Le leadership crée de la confiance lorsque notre position sert à élever les autres plutôt que nous-mêmes. Il prend tout son sens lorsque nous mesurons notre réussite à la croissance, à la sécurité et à la force des personnes que nous servons.
J’aimerais beaucoup connaître votre point de vue : avez-vous travaillé avec un leader dont l’influence venait davantage du service que de l’autorité ? Qu’est-ce que cela a changé pour les personnes autour de lui ?



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