Stewardship partagé : un leadership qui nous dépasse
- Olivier Lazar

- il y a 18 heures
- 3 min de lecture

Au fil de cette série consacrée au leadership éthique, nous avons exploré la Congruence, la Responsabilité courageuse, l’Humilité transformationnelle et, plus récemment, le Service avant le statut. Chacune de ces valeurs a suscité des échanges riches, et une idée revient constamment : le leadership n’est jamais un acte solitaire. Il est toujours relationnel, connecté, et il façonne bien davantage que ce que nous percevons immédiatement.
Cela nous conduit à la valeur suivante de cette série : le Stewardship partagé.
Pour moi, le stewardship commence par un simple changement de perspective. Le leadership n’est pas quelque chose que nous possédons ; c’est quelque chose qui nous est confié. Nous portons des responsabilités, pas des privilèges. Nous influençons des personnes, des systèmes et des futurs qui dépassent largement nos titres ou la durée de notre mandat. Et, que cela nous plaise ou non, nos décisions se propagent bien au-delà de nous. Elles affectent la confiance, la culture, la motivation, la performance et parfois même la trajectoire d’organisations entières.
Le Stewardship partagé signifie reconnaître que le leadership ne s’arrête pas aux frontières de notre rôle immédiat. C’est un engagement envers quelque chose de plus grand que la description de poste, plus grand que nos ambitions personnelles et plus grand qu’un leader en particulier.
Cela signifie aussi que nous ne dirigeons jamais seuls, mais avec les personnes qui dépendent de nous et, très souvent, à travers elles. Nous dirigeons avec nos équipes, nos partenaires, nos communautés, et même avec l’avenir à l’esprit — un avenir que très peu de dirigeants prennent réellement le temps de considérer.
Le stewardship ne consiste pas à retenir les choses pour soi ; il consiste à en prendre soin et à les laisser dans un meilleur état que celui dans lequel nous les avons trouvées. Il nous rappelle aussi que l’autorité que nous utilisons aujourd’hui façonnera les conditions dont d’autres hériteront demain.
J’ai souvent dit que le leadership est un relais, pas une performance. La question n’est pas « Jusqu’où puis-je aller ? », mais « Qu’est-ce que je transmets, et dans quel état ? ». Certains dirigeants verrouillent les choses autour d’eux et finissent par créer de la dépendance. Les stewards font l’inverse : ils développent les capacités, rendent les autres plus forts et conçoivent des systèmes capables de leur survivre.
Cette valeur invite aussi à une réflexion plus personnelle : lorsque je prends une décision, est-ce que je pense seulement aux trente prochains jours ou également aux trois prochaines années ?
Est-ce que je traite le leadership comme une possession ou comme une responsabilité ?
Est-ce que je construis des environnements dans lesquels les personnes peuvent réussir sans moi, ou des environnements qui les rendent dépendantes de moi ?
Est-ce que je détiens le pouvoir, ou est-ce que je l’exerce au nom des autres ?
Le Stewardship partagé n’est pas une idée romantique ; il est très concret. Les organisations dirigées par des stewards ont une meilleure continuité, des cultures plus saines, des équipes plus résilientes et un alignement plus clair autour de leur raison d’être. Lorsque les dirigeants comprennent qu’ils ne sont pas les propriétaires mais les gardiens de la mission, tout change : l’ego diminue, la responsabilité augmente et l’organisation devient plus sage.
J’aimerais beaucoup connaître votre point de vue. Où avez-vous vu le stewardship à l’œuvre ? Et qu’est-ce que cela a changé dans la culture ou la performance de l’équipe ?



Commentaires